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Le knowledge manager, le François Bayrou de l’entreprise ?

Bayroy_2 Allez, c’est le début de l’été, on se lâche. Les conférences scientifiques s’accumulent (EURAM à HEC Paris, AIMS à UQAM Montréal, EGOS à Vienne, AOM à Philadelphie…) et je ne peux m’empêcher ici, à Montréal (lieu de la Conférence de l’AIMS), de tirer un parallèle entre le knowledge manager et François Bayrou. Ce doit être l’effet dit ‘Alain Juppé’ (cf son année sabbatique à l’ENAP, l’école d’administration du Canada à Montréal)…ou celui du décalage horaire…

Je m’explique. J’ai présenté ce matin ma communication intitulée « L’agenda des gestionnaires des connaissances » téléchargeable ici. Au fur et à mesure de la discussion je me suis rendu compte que le président du MoDem (Bayrou) et les knowledge managers que je suis en train d’étudier présentent de curieuses similitudes :

- ils cherchent tous deux à faire bouger les lignes. Le knowledge manager a pour objectif de faire bouger les mentalités des employés en les incitant par des mécanismes compensatoires (prix, promotion, serrage de main, tape dans le dos) à partager ce qu’ils savent ou à réutiliser ce qui a été capitalisé. Malheureusement, l’homo economicus n’est pas partageur en vertu de la loi qui dit que ‘tout corps plongé dans un environnement concurrentiel où l’on gagne sa vie grâce à ses capacités intellectuelles individuelles a tendance à garder pour lui-même son capital connaissances’ (…faudrait trouver un nom à cette loi). L’objectif assigné au gestionnaire des connaissances est de créer une ‘identité apprenante’, c'est-à-dire un sentiment d’appartenance à l’entreprise qui est censé ‘débrider’ l’employé. Bayrou essaye, lui, de faire bouger les lignes des partis politiques en instillant une nouvelle culture politique (prendre ce qui se fait de meilleur à gauche ou à droite…manque de chance, un nouvel élu lui a piqué son idée). Le knowledge manager, lui, fait bouger les lignes de l’organigramme de part sa fonction transversale.

- ils sont tous les deux centristes. Le knowledge manager est en interaction avec des parties prenantes aussi diverses que le DRH, le DSI, le Dir Com interne ou les employés qui doivent partager des connaissances. Résultat : il ne gère pas directement les connaissances dans l’entreprise mais crée un climat et un cadre favorables à sa gestion, qui est elle-même le fait des individus. En d’autres termes : un gestionnaire des connaissances ne ‘gère’ pas les connaissances mais il met en place un environnement favorable au partage entre l’individu et l’organisation tout entière. Il est donc un manager intermédiaire en relation aussi bien avec les managers opérationnels que le top management. Il joue un rôle d’interface entre des Sarkozystes top-down qui imposent des réformes et des Royalistes bottom-up qui font émerger des problèmes du terrain (via des débats participatifs, pardon, des retours d’expérience). Le knowledge manager est donc un centriste central.

- ils sont tous les deux des modems. Ce terme imagé, trouvé par un adhérent de l’UDF, illustre le besoin de connexion entre les individus. C’est la tâche assignée au knowledge manager : que les gens échangent, créent, innovent, réutilisent ce que l’organisation a capitalisé. Comme le parti de Bayrou, le service knowledge management d’une entreprise est là pour que les individus collaborent au delà des clivages, des services ou des silos d’information.

En conclusion de ce petit ‘babillage’ (mot québécois que j’affectionne et qui signifie ‘nouvelle’ ou ‘billet’), ce parallèle me semble judicieux même s’il est peu scientifique (ne comptez pas sur moi pour que je l’inclus dans ma thèse). En tout cas, si vous voyez d’autres similitudes, je suis preneur…

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